Rapport : Les Mythes sur les vaccins contre le COVID-19

Les mythes les plus populaires en ligne sur les vaccins contre le COVID-19 

par John Gregory |Dernière mise à jour le 08/04/2021

Kendrick McDonald, Chine Labbé et Anicka Slachta ont aussi contribué à ce rapport.

Les scientifiques et les chercheurs ont réussi à produire des vaccins contre le COVID-19. Des candidats-vaccins ont récemment été approuvés dans certains pays, et sont en passe de l’être dans d’autres. Pourtant, les fausses informations sur la sûreté et les effets secondaires des vaccins à venir menacent déjà son déploiement. Dans ce rapport, nous cataloguons les intox les plus populaires sur les vaccins contre le COVID-19, telles qu’elles sont apparues dans les évaluations, par NewsGuard, de plus de 6.000 sites d’actualité et d’information dans le monde.

  1. MYTHE : Les vaccins à ARNm développés contre le COVID-19 vont modifier l’ADN humain. 
  2. MYTHE : Les vaccins contre le COVID-19 ne sont pas testés contre un placebo dans des essais cliniques.
  3. MYTHE : Le vaccin contre le COVID-19 s’appuiera sur une technologie de surveillance via des micropuces créée par des travaux de recherche financés par Bill Gates. 
  4. MYTHE : Anthony Fauci va s’enrichir personnellement grâce au vaccin contre le COVID-19.
  5. MYTHE : Une nouvelle loi dans l’Etat du Colorado, aux Etats-Unis, forcera les parents à scolariser leurs enfants dans un programme d’éducation gouvernemental s’ils refusent de les faire vacciner contre le COVID-19.
  6. MYTHE : Il est prouvé que le vaccin contre le COVID-19 a rendu infertiles 97% des personnes vaccinées. 
  7. MYTHE : Les vaccins contre le COVID-19 contiendront des cellules de foetus humains avortés.
  8. MYTHE : Le vaccin contre le COVID-19 développé par l’Université d’Oxford et AstraZeneca transformera les Hommes en singes.
  9. MYTHE : Aux Etats-Unis, les bons alimentaires seront refusés aux personnes qui refusent de se faire vacciner contre le COVID-19. 
  10. MYTHE : L’autorité britannique de réglementation du marché des dispositifs médicaux (MHRA, Medicines and Healthcare products regulatory agency) utilisera l’intelligence artificielle pour surveiller la sûreté des vaccins contre le COVID-19 parce qu’elle sait que ces vaccins sont très dangereux. 
  11. MYTHE : Un document publié sur le site de la FDA, l’agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux, montre que deux participants à un essai clinique pour un vaccin contre le COVID-19 sont morts en raison d’“effets secondaires graves”.
  12. MYTHE : Le virus mute si vite qu’un vaccin ne fonctionnera jamais.
  13. MYTHE : Le directeur de la recherche chez Pfizer a déclaré que son vaccin contre le COVID-19 contenait une protéine  – la syncytin-1 – qui rend les femmes stériles.
  14. MYTHE : Les injections faites à des personnels de santé lors d’événements presse sont fausses, et utilisent des seringues aux aiguilles qui disparaissent.
  15. MYTHE : Une infirmière de l’Alabama, aux Etats-Unis, est morte quelques heures après avoir été vaccinée contre le COVID-19.
  16. MYTHE : Les vaccins contre le COVID-19 violent le Code de Nuremberg, qui interdit les expériences scientifiques sur des êtres humains sans leur consentement.
  17. MYTHE : Les vaccins contre le COVID-19 entraîneront un renforcement du risque pathogène, ce qui signifie que les personnes vaccinées auront plus de chances de développer des formes graves de COVID-19 si elles sont infectées. 
  18. MYTHE : Le vaccin contre le COVID-19 peut provoquer la maladie.
  19. MYTHE : Les vaccins à ARNm contre le COVID-19 ne correspondent pas à la définition d’un vaccin par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) et de l’autorité américaine de régulation des médicaments (FDA). Cette définition veut en effet qu’un vaccin stimule l’immunité et empêche la transmission d’un virus.
  20. MYTHE : La mort de Hank Aaron est liée au vaccin contre le COVID-19.
  21. MYTHE : Tiffany Dover, une infirmière de l’Etat du Tennessee, aux Etats-Unis, est morte après avoir été vaccinée contre le COVID-19 en direct à la télévision.
  22. MYTHE : Les vaccins contre le COVID-19 ne sont pas halal ni casher car ils contiennent des produits issus du porc. 
  23. MYTHE : Les essais pour les vaccins contre le COVID-19 n’étaient pas faits pour montrer l’efficacité des vaccins dans la prévention de cas graves de la maladie.  
  24. MYTHE : La mort du boxeur américain Marvin Hagler est liée au vaccin contre le COVID-19. 
  25. MYTHE : Les scientifiques du Memorial Sloan-Kettering Cancer Center ont découvert que l’ARNm rend inactives les protéines qui détruisent les tumeurs, ce qui signifie que les vaccins à ARNm utilisés contre le COVID-19 peuvent provoquer le cancer. 
  26. MYTHE : Il a été prouvé que les vaccins contre le COVID-19 augmentaient le risque de fausse couche.
  27. LE MYTHE : Les vaccins augmentent le nombre de nouveaux variants du virus responsable du COVID-19, et rendent les personnes vaccinées plus susceptibles de contaminer d’autres personnes avec de nouvelles super souches. 



MYTHE : Les vaccins à ARNm développés contre le COVID-19 vont modifier l’ADN humain. 

LES FAITS :

Plusieurs candidats-vaccins contre le COVID-19 s’appuient sur l’acide ribonucléique (ARN) messager, qui porte l’information génétique nécessaire à la fabrication des protéines, selon l’Institut National américain contre le cancer. Ces vaccins donnent l’ordre aux cellules de produire une protéine qui ressemble en partie au virus du COVID-19, déclenchant la réponse immunitaire du corps, et la production d’anticorps. 

Il s’agit d’une nouvelle technologie de vaccin, mais elle ne peut pas modifier l’ADN des personnes vaccinées. “Cela ne peut pas changer votre matériel génétique”, a déclaré à l’Associated Press Dan Culver, pneumologue à la Cleveland Clinic, en septembre 2020. “Le temps de survie de cet ARN dans les cellules est assez bref, il se chiffre en heures. Ce que vous faites, c’est que vous introduisez dans la cellule la recette d’une protéine pour quelques heures”. 




MYTHE : Les vaccins contre le COVID-19 ne sont pas testés contre un placebo dans des essais cliniques. 

LES FAITS :

La phase finale d’un essai clinique pour les candidats-vaccins contre le COVID-19 est la Phase 3, au cours de laquelle le vaccin est administré à des dizaines de milliers de patients. Les chercheurs comparent alors le nombre de patients contaminés par rapport à un groupe distinct de patients qui se sont vu administrer un placebo, afin de déterminer l’efficacité et la sûreté du vaccin. Les 10 vaccins-candidats qui avaient démarré leur Phase 3 au 3 novembre 2020 étaient tous testés contre un placebo, selon l’Organisation mondiale de la Santé




MYTHE : Le vaccin contre le COVID-19 s’appuiera sur une technologie de surveillance via des micropuces créée par des travaux de recherche financés par Bill Gates.

LES FAITS :

Il n’existe aucun vaccin – contre le COVID-19 ou contre une autre maladie – qui dispose de micropuces ou d’autres éléments de surveillance. En décembre 2019, des chercheurs du MIT ayant reçu un financement de la Fondation Bill et Melinda Gates ont publié un article sur le développement d’une technologie capable d’enregistrer les informations vaccinales sous la peau d’un patient grâce à une injection semblable à de l’encre pouvant être lue par un smartphone. Toutefois, cette technologie ne peut pas suivre les mouvements d’un patient, comme l’a expliqué à FactCheck.org Kevin McHugh, chercheur en bioingénierie de Rice University ayant travaillé sur cette étude au MIT. La Fondation Gates a par ailleurs indiqué que ces recherches n’avaient aucun rapport avec le COVID-19.

Il est vrai que Bill Gates a déclaré que des “certificats numériques” pourraient être utilisés dans le cadre d’un effort vaccinal, mais il n’existe aucune preuve que lui ou sa fondation aient créé une technologie capable de surveiller les personnes vaccinées contre le COVID. Des certificats numériques sont utilisés pour envoyer des information cryptées en ligne, et la Fondation Bill et Melinda Gates a déclaré à Reuters : “La référence à des certificats numériques renvoie à des efforts visant à créer une plateforme numérique open source dans le but d’étendre l’accès à un test à domicile qui soit sécurisé”. 

Bill Gates a lui-même démenti ces allégations lors d’une interview sur CBS News le 22 juillet 2020. “Il n’y a aucun lien entre ces vaccins et une quelconque surveillance. Je ne sais pas d’où vient cette idée,” a-t-il dit. 




MYTHE : Anthony Fauci va s’enrichir personnellement grâce au vaccin contre le COVID-19.

LES FAITS :

Il n’existe aucune preuve qu’Anthony Fauci, directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses aux Etats-Unis (NIAID), ait un quelconque intérêt personnel financier dans les vaccins qui sont en cours de développement contre le COVID-19. L’agence dirigée par Anthony Fauci travaille avec la compagnie pharmaceutique Moderna sur un potentiel vaccin — un des 202 vaccins en cours de développement actuellement, selon l’Organisation Mondiale de la Santé – mais PolitiFact n’a trouvé aucune trace d’une relation financière ou commerciale entre Anthony Fauci et Moderna lors d’une recherche effectuée en avril 2020 dans la base de données de la SEC (Securities and Exchange Commission), l’organisme de contrôle des marchés américains. 




MYTHE : Une nouvelle loi dans l’Etat du Colorado, aux Etats-Unis, forcera les parents à scolariser leurs enfants dans un programme d’éducation gouvernemental s’ils refusent de les faire vacciner contre le COVID-19.

LES FAITS :

Le projet de loi sur la vaccination avant l’entrée à l’école, devenu loi dans le Colorado en juin 2020, ne fait aucune référence au COVID-19 ni au vaccin contre le COVID-19. Cette loi renforce la procédure étatique pour obtenir une exemption religieuse ou pour croyances personnelle aux vaccins, et exige des parents qui demandent cette exemption de soumettre un formulaire signé par un professionnel de santé, ou de compléter ce que la loi appelle un “module d’éducation en ligne” sur la science des vaccins, produit par le département de la santé publique et de l’environnement du Colorado. 




MYTHE : Il est prouvé que le vaccin contre le COVID-19 a rendu infertiles 97% des personnes vaccinées. 

LES FAITS :

Cette allégation semble avoir été lancée par le YouTubeur britannique Zed Phoenix. Celui-ci a affirmé qu’une source anonyme au sein de l’entreprise pharmaceutique GlaxoSmithKline lui avait déclaré que 61 des 63 femmes ayant reçu le vaccin contre le COVID-19 étaient devenues infertiles, et qu’un vaccin distinct, à destination des hommes avait “entraîné une diminution de la taille des testicules, une chute des niveaux de testostérone, et une atrophie marquée de la prostate”. 

Les déclarations de  Zed Phoenix sur les effets présumés de ces vaccins semblent reprendre verbatim une étude sans rapport datant de 1989 et émanant de l’Institut national d’immunologie de New Delhi, en Inde, d’après Reuters. Ces travaux de recherche examinaient l’utilisation de vaccins anti-fertilité sur des babouins dans le cadre de discussions sur des options de traitement, à l’avenir, pour des patients humains atteints de cancer, et dont les tumeurs seraient affectées par les hormones de fertilité. Aucun des candidats-vaccins contre le COVID-19 n’est spécifique a un sexe, et aucun n’est lié à la fertilité. 




MYTHE : Les vaccins contre le COVID-19 contiendront des cellules de foetus humains avortés.

LES FAITS :

Certains vaccins pour enfants, notamment ceux protégeant contre la rubéole et la varicelle, ont été conçus à l’aide de cellules issues de foetus avortés il y a plusieurs décennies. D’après un article de juin 2020 publié dans Science magazine, au moins cinq candidats-vaccins contre le COVID-19 utilisent des lignées cellulaires embryonnaires : l’une descend d’un foetus avorté en 1972 et une autre d’un avortement réalisé en 1985. 

Cependant, aucun tissu embryonnaire supplémentaire n’est nécessaire à la production de ces vaccins, y compris ceux qui sont développés contre le COVID-19, et aucun tissu fœtal n’est présent dans ces vaccins. Le Centre catholique national de bioéthique (National Catholic Bioethics Center), aux Etats-Unis, qui consulte le Vatican et les catholiques sur les problèmes d’éthique médicale, et qui s’oppose à l’avortement, a déclaré sur le sujet : “Les cellules dans ces lignées se sont divisées de multiples fois avant d’être utilisées pour la production de vaccins. Après la production, les vaccins sont retirés des lignées cellulaires et purifiés. On ne peut pas exactement dire que les vaccins contiennent une quelconque cellule issue de l’avortement initial”.




MYTHE : Le vaccin contre le COVID-19 développé par l’Université d’Oxford et AstraZeneca transformera les Hommes en singes. 

LES FAITS :

Cette fausse allégation se fonde sur le fait que le vaccin d’Oxford et  AstraZeneca s’appuie sur un adénovirus de chimpanzé modifié, qui doit susciter une réponse immunitaire au virus responsable du COVID-19. D’après le Times of London, cette allégation a été promue via des mèmes et des clips vidéo, dans le cadre d’une campagne de désinformation impliquant des responsables d’agences étatiques russes, ciblant prioritairement des pays où la Russie veut vendre son propre vaccin contre le COVID-19.




MYTHE : Aux Etats-Unis, les bons alimentaires seront refusés aux personnes qui refusent de se faire vacciner contre le COVID-19. 

LES FAITS :

Le site de pseudoscience et à tendance complotiste Natural News a été le premier à écrire que la task force de Joe Biden contre le COVID-19 avait annoncé une telle mesure. Toutefois, cet article s’appuyait sur des informations datées et inexactes. Luciana Borio, qui est membre de cette task force, a contribué à écrire un rapport du Johns Hopkins Center for Health Security en juillet 2020. Ce rapport évoquait les bons alimentaires dans le cadre d’une discussion plus large sur les vaccins contre le COVID-19. En revanche, ce rapport n’a pas été produit par la task force, et il ne recommandait pas de refuser les bons alimentaires aux personnes choisissant de ne pas se faire vacciner contre le COVID-19. Les auteurs principaux de ce rapport ont indiqué, dans une déclaration à FactCheck.org en novembre 2020, qu’ils ne “préconisaient PAS que des outils de soutien social comme ceux-ci soient retenus à aucun moment, en fonction du statut vaccinal d’une personne”. 




MYTHE : L’autorité britannique de réglementation du marché des dispositifs médicaux (MHRA, Medicines and Healthcare products regulatory agency) utilisera l’intelligence artificielle pour surveiller la sûreté des vaccins contre le COVID-19 parce qu’elle sait que ces vaccins sont très dangereux. 

LES FAITS :

L’autorité britannique de réglementation du marché des dispositifs médicaux a en effet accordé un contrat à la compagnie Genpact pour la création d’un outil d’intelligence artificielle chargé de suivre les effets indésirables liés aux vaccins contre le COVID-19. Toutefois, cette agence indique qu’il n’existe aucune preuve pour l’instant de dangers posés par ces vaccins. Par ailleurs, la déclaration d’un effet indésirable ne prouve pas que cette réaction ait été causée par le vaccin.  

Dans une déclaration transmise en novembre 2020 a NewsGuard, la MHRA a déclaré : “Nous avons de nombreuses ressources et technologies pour soutenir le suivi de la sûreté de tout programme de vaccination contre le COVID-19. L’utilisation de l’intelligence artificielle en sera l’un des éléments. Nous prenons toute déclaration sur un effet secondaire présumé très sérieusement, et nous combinons ces déclarations individuelles avec une analyse statistique des dossiers cliniques”.  

Et d’ajouter : “D’après les rapports publiés pour les Phases 1 et 2 des essais cliniques, nous n’anticipons pas pour le moment d’inquiétudes particulières en ce qui concerne la sécurité des vaccins contre le COVID-19. En général, nous prévoyons pour ces vaccins une sécurité similaire à celle d’autres types de vaccins. Un vaccin contre le COVID-19 ne sera déployé qu’une fois qu’il aura été prouvé qu’il est sûr et efficace, au travers d’essais cliniques robustes, et une fois que son utilisation aura été approuvée”.




MYTHE : Un document publié sur le site de la FDA, l’agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux, montre que deux participants à un essai clinique pour un vaccin contre le COVID-19 sont morts en raison d’“effets secondaires graves”.

LES FAITS :

Deux personnes sont mortes parmi les 21.000 ayant participé à l’essai clinique pour le vaccin contre le COVID-19 de Pfizer et BioNtech. Mais la FDA, l’agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux, n’a attribué aucune de ces morts au vaccin. 

D’après un document de la FDA datant de décembre 2020 qui décrit les circonstances de ces morts, “une personne a subi une crise cardiaque 62 jours après la vaccination numéro 2, et est morte trois jours plus tard. L’autre est morte d’athérosclérose trois jours après sa première vaccination”. Ce document ajoute que, dans le cas de cette seconde mort, le participant à l’essai clinique souffrait d’obésité et d’une athérosclérose pré-existante, c’est-à-dire un rétrécissement des artères.

Quatre autres morts ont été dénombrées parmi les 21.000 participants à l’essai clinique ayant reçu un placebo. Ces morts “représentent les événements qui interviennent dans la population générale, dans les groupes d’âges dans lesquels elles ont eu lieu, à un taux similaire”, souligne la FDA dans ce document. 

Pour déterminer la sûreté du vaccin, l’essai clinique a enregistré les “effets secondaires graves”, qui sont définis par la Bibliothèque américaine de médecine comme tout événement médical qui a pour conséquence la mort, l’hospitalisation, ou qui vient perturber de manière significative les conditions de vie normale. Le document de la FDA indique que parmi les effets secondaires graves rapportés dans le cadre de l’essai clinique Pfizer/BioNTech, seuls deux ont été considérés comme potentiellement liés au vaccin : une blessure de l’épaule et des ganglions lymphatiques enflés, une condition assez commune et en générale bénigne. 




MYTHE : Le virus mute si vite qu’un vaccin ne fonctionnera jamais.

LES FAITS :

Tous les virus mutent en permanence, mais l’Organisation mondiale de la Santé a déclaré en décembre 2020 que “Le SARS-CoV-2, le virus à l’origine de la COVID-19, a tendance à muter plus lentement que d’autres virus, comme le VIH ou les virus grippaux”. Les mutations plus rapides des virus grippaux sont l’une des raisons pour lesquelles le vaccin contre la grippe est mis à jour chaque année. 

Des études préliminaires en laboratoire concernant les deux premiers vaccins contre le COVID-19 autorisés aux Etats-Unis – l’un produit par Pfizer/BioNTech et l’autre par Moderna – et dont les résultats ont été publiés en janvier 2021, ont montré que ces vaccins étaient efficaces contre une mutation d’abord identifiée au Royaume-Uni, et connue comme le variant B.1.1.7. Ces études suggèrent en revanche que les vaccins pourraient être moins efficaces contre la mutation B.1.351 identifiée en Afrique du Sud, mais il n’existe aucune preuve que ces mutations puissent annuler complètement les bénéfices des vaccins. 

“Vous pourriez diminuer plusieurs fois l’efficacité des anticorps induits par le vaccin, et rester tout de même dans la portée protectrice du vaccin”,  a déclaré Anthony Fauci, directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuse aux Etats-Unis, lors d’un point presse à la Maison blanche le 27 janvier 2021. 




MYTHE : Le directeur de la recherche chez Pfizer a déclaré que son vaccin contre le COVID-19 contenait une protéine  – la syncytin-1 – qui rend les femmes stériles. 

LES FAITS :

Cette allégation s’appuie sur une pétition faite par un médecin du nom de Michael Yeadon auprès de l’Agence européenne des médicaments. Il est sans doute la personne présentée dans cette intox comme le directeur de la recherche chez Pfizer. En réalité, Michael Yeadon a quitté Pfizer en 2011, selon un article de l’Associated Press publié en décembre 2011. 

Sa pétition affirmait que le vaccin pourrait engendrer une réponse immunitaire contre une protéine nécessaire à la formation du placenta lors d’une grossesse. Toutefois, le vaccin ne contient pas la protéine syncytin-1, et il n’y a aucune preuve qu’un vaccin contre le COVID-19 pourrait rendre les femmes infertiles.

Par ailleurs, il n’existe aucune preuve que la protéine Spike du virus responsable du COVID-19, qui est ciblée par le vaccin, puisse créer une réponse immunitaire contre la syncytin-1, d’après les scientifiques. “Toute possibilité de similitude entre la syncytin-1 et la  protéine spike du SARS-CoV-2 (qui est utilisée en partie dans le vaccin) est extrêmement faible”, a déclaré en décembre 2020 à PolitiFact Brent Stockwell, professeur de biologie et de chimie à l’université de Columbia. “Il n’y a quasiment aucun bout de ces deux protéines qui se ressemblent, même vaguement, et elles sont bien plus éloignées l’une de l’autre qu’il faudrait pour qu’elles puissent créer des réponses immunitaires croisées ». 

Dans un déclaration transmise en décembre 2020 à l’Associated Press, Jerica Pittz, porte-parole de Pfizer, a déclaré que le vaccin Pfizer contre le COVID-19 n’entraînait pas d’infertilité. “Il a été incorrectement suggéré que les vaccins contre le COVID-19 pourraient entraîner une infertilité, en raison d’une séquence d’acide aminé commune entre la protéine spike du SARS-CoV-2 et une protéine placentaire”, a-t-elle dit. “Toutefois, cette séquence est trop courte pour pouvoir entraîner une autoimmunité de manière plausible”.




MYTHE : Les injections faites à des personnels de santé lors d’événements presse sont fausses, et utilisent des seringues aux aiguilles qui disparaissent.

LES FAITS :

Ces allégations ont été faites dans des posts sur Twitter et dans des vidéos sur YouTube,  en reprenant de vraies images vidéo tournées lors d’événements presse au cours desquels des personnels de santé ont été vaccinés contre le COVID-19. Un tweet a relayé cette idée en utilisant des images de la BBC montrant un personnel de santé en train d’être vacciné. Ce tweet a généré 394.000 vues entre le 16 et le 17 décembre 2020.

Comme l’ont expliqué la BBC et Vice News, les injections du vaccin contre le COVID-19 montrées dans ces vidéos ont été faites à l’aide de seringues rétractables, et non pas de seringues aux “aiguilles qui disparaissent”. Les aiguilles rétractables se rétractent automatiquement dans le corps de la seringue après l’injection. Les seringues rétractables sont en général utilisées pour réduire le risque de blessures pour les personnels de santé, comme lorsqu’un infirmier se pique accidentellement avec une aiguille usagée, s’exposant à une possible infection. Les seringues rétractables sont utilisées depuis plusieurs années, et existaient déjà avant le vaccin contre le COVID-19. Un brevet pour une “aiguille rétractable pour seringue hypodermique” a été déposé aux Etats-Unis en 1992.




MYTHE : Une infirmière de l’Alabama, aux Etats-Unis, est morte quelques heures après avoir été vaccinée contre le COVID-19. 

LES FAITS :

Selon le site de fact-checking LeadStories.com, cette allégation est d’abord apparue dans des captures d’écran d’une conversation texto partagée sur Facebook le 15 décembre 2020, sur un compte Facebook au nom de Danielle Tyler. 

Les posts Facebook qui ont repris ces captures d’écran affirmaient qu’une infirmière de 42 ans vaccinée contre le COCVID-19 “avait été retrouvée morte huit heures plus tard”. La source de cette allégation, assurent ces posts, n’est “pas une rumeur partie d’internet, mais l’amie Facebook de l’amie de ma tante”.

Dans une déclaration du 16 décembre 2020 transmise à LeadStories.com, le Département de la santé publique de l’Alabama a indiqué avoir « contacté tous les hôpitaux de l’Etat ayant administré le vaccin contre le COVID-19” et confirme “qu’aucun bénéficiaire du vaccin n’est décédé. Les posts sont faux. Personne ayant reçu le vaccin contre le COVID-19 en Alabama n’est mort”. 

L’autorisation en urgence de l’utilisation du premier vaccin contre le COVID-19, développé par Pfizer et BioNTech, impose que tout effet secondaire grave apparu après la vaccination, a fortiori un mort, soit signalé via un système de signalement des événements indésirables liés aux vaccins (VAERS, Vaccine Adverse Event Reporting System), co-géré par l’autorité américaine de régulation des médicaments (FDA) et les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC). Dans un email du 16 décembre 2020 à PolitiFact, Kristin Nordlund, porte-parole du CDC, a écrit :  “Je peux confirmer qu’à la date d’aujourd’hui, à 16h EST, le système de signalement n’avait reçu aucun signalement de mort intervenue après une vaccination contre le COVID-19”.




MYTHE : Les vaccins contre le COVID-19 violent le Code de Nuremberg, qui interdit les expériences scientifiques sur des êtres humains sans leur consentement. 

LES FAITS :

Le Code de Nuremberg a créé un ensemble de principes éthiques gouvernant la recherche médicale, et définit ce qu’il considère comme des « expériences médicales autorisables”. D’après un article de juin 2020 écrit par FactCheck.org, ce code a été créé en réponse aux expériences médicales menées par les nazis sur des prisonniers des camps de concentration, sans leur consentement. 

Les vaccins qui ont été soumis à de multiples phases d’essais cliniques, et ont ensuite été approuvés pour une utilisation massive par les régulateurs, ne contreviennent pas aux principes du code de Nuremberg. Par exemple, le vaccin contre le COVID-19 développé par Pfizer et BioNTech a été autorisé en 2020 pour une utilisation d’urgence par l’Agence de Réglementation des Médicaments et des Produits de Santé du Royaume-Uni et l’autorité américaine de régulation des médicaments (FDA), seulement après avoir été soumis à de multiples essais cliniques pour démontrer sa sûreté et son efficacité, et avec une phase 3 impliquant 43.000 patients. “Le code de Nuremberg concerne les expériences sur les êtres humains, pas la vaccination”, a déclaré en mai 2020 à l’AFP Jonathan Moreno, professeur de bioéthique à l’Université de Pennsylvanie. “Le code de Nuremberg est parfaitement compatible avec la vaccination”.




MYTHE : Les vaccins contre le COVID-19 entraîneront un renforcement du risque pathogène, ce qui signifie que les personnes vaccinées auront plus de chances de développer des formes graves de COVID-19 si elles sont infectées. 

LES FAITS :

Les vaccins contre le COVID-19 ont fait l’objet de multiples essais cliniques visant à déterminer leur sûreté et leur efficacité avant d’être autorisés pour une utilisation d’urgence par les régulateurs.  

Les phases 3 des essais pour deux vaccins contre le COVID-19 autorisés aux Etats-Unis en janvier 2021 – un vaccin développé par Moderna, et un autre par Pfizer et BioNTech – ont rassemblé un total de 36.000 personnes. 

Contrairement à l’allégation selon laquelle les vaccins seraient responsables de formes plus graves de COVID-19, sur les 36.000 personnes ayant reçu l’un des deux vaccins, une seule a développé un cas grave, d’après les résultats des essais cliniques des vaccins de Moderna et de Pfizer/BioNTech publiés dans le New England Journal of Medicine en décembre 2020. Ce cas grave de COVID-19 parmi les bénéficiaires du vaccin a été observé dans l’essai clinique Pfizer/BioNTech. Ces deux vaccins sont efficaces à 95% dans la prévention du COVID-19, selon ces résultats. Dans un article publié en novembre 2020 sur le site de fact-checking Health Feedback, Walter Orenstein, professeur à l’ecole de médecine de l’université Emory, à Atlanta, aux Etats-Unis, explique : “jusque-là, il n’y a aucune donnée permettant de soutenir que la vaccination serait la cause d’une maladie plus forte, provoquée par le vaccin”.




MYTHE : Le vaccin contre le COVID-19 peut provoquer la maladie. 

LES FAITS :

Aucun des vaccins autorisés pour une vaste utilisation aux Etats-Unis ou en Europe en janvier 2021 ne contiennent le virus vivant responsable du COVID-19. “Cela signifie que le vaccin contre le COVID-19 ne peut pas vous rendre malade du COVID-19”, soulignent sur leur site les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) aux Etats-Unis.  

Toutefois, le CDC souligne que les vaccins disponibles nécessitent l’administration de deux doses, et qu’il faudra un peu de temps après la vaccination pour que le corps construise son immunité contre le virus responsable du COVID-19. “Cela signifie qu’il est possible qu’une personne puisse être infectée par le virus responsable du COVID-19 juste avant ou juste après la vaccination, et tombe tout de même malade”, note le CDC. “Si cela se passe, c’est parce que le vaccin n’a pas eu assez de temps pour fournir sa protection”. 

Les cas de COVID-19 parmi les personnes complètement vaccinées sont également possibles, puisqu’aucun des vaccins disponibles n’est efficace à 100% dans la prévention des cas symptomatiques de COVID-19. Par ailleurs, les vaccins n’empêcheront peut-être pas les infections asymptomatiques, ce qui veut dire que les personnes vaccinées  pourraient être contaminées, ne présenter aucun symptôme, et propager le virus de manière involontaire, comme le souligne l’Hôpital pour enfants de Philadelphie




MYTHE : Les vaccins à ARNm contre le COVID-19 ne correspondent pas à la définition d’un vaccin par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) et de l’autorité américaine de régulation des médicaments (FDA). Cette définition veut en effet qu’un vaccin stimule l’immunité et empêche la transmission d’un virus.

LES FAITS :

Cette allégation a été promue par David Martin, un analyste financier et coach en développement personnel qui tient une chaîne YouTube relayant des théories du complot sur le COVID-19. 

En janvier 2021, les recherches se poursuivaient pour tenter de savoir si les vaccins contre le COVID-19 pourraient empêcher la transmission du COVID-19. En revanche, contrairement à ce qu’affirme David Martin, ni le CDC, ni la FDA ne disent qu’un vaccin doit fournir une immunité et bloquer la transmission du virus.  

“Il y a de nombreuses façons de définir ce qu’est un vaccin, mais le CDC décrit un vaccin comme un produit qui stimule le système immunitaire d’une personne pour produire une immunité contre une maladie particulière, la protégeant ainsi contre cette maladie”,  a déclaré à New Guard Kristen Nordlund, porte-parole du CDC, dans un email en janvier 2021. De la même façon, une page sur le site de la FDA qui explique comment les vaccins fonctionnent ne mentionne que la prévention des maladies, et pas la transmission, en disant : “la vaccination stimule le système immunitaire du corps en renforçant les défenses contre la bactérie ou le virus sans provoquer la maladie”. 

Les deux vaccins à ARNm autorisés pour une utilisation d’urgence en janvier 2021 aux Etats-Unis  remplissent ces deux définitions, puisque les essais cliniques les ont trouvés efficaces à environ 95% dans la prévention du COVID-19. 




MYTHE : La mort de Hank Aaron est liée au vaccin contre le COVID-19. 

LES FAITS :

Hank Aaron, légende du baseball aux Etats-Unis, s’est fait vacciner contre le COVID-19 avec le vaccin de Moderna le 5 janvier 2021, à l’école de médecine de Morehouse, à Atlanta. Il a déclaré à l’Associated Press qu’il espérait que sa volonté de se faire vacciner pourrait réduire la réticence à la vaccination parmi les Noirs américains. 

Hank Aaron, qui était âgé de 86 ans, est décédé le 22 janvier 2021. Avant que la cause de sa mort soit révélée, les militants anti-vaccins Robert F. Kennedy Jr. et Del Bigtree, deux personnes qui ont diffusé de fausses allégations sur la sûreté des vaccins à plusieurs reprises, ont suggéré, sans preuve, que la mort de Hank Aaron était due au vaccin contre le COVID-19.

Nicole Linton, porte-parole de l’école de médecine de Morehouse, a démenti ces allégations dans un email a NewsGuard, en déclarant : “Sa mort n’est pas liée au vaccin, et il n’a d’ailleurs connu aucun effet secondaire lié à la vaccination. Il est mort en toute sérénité, dans son sommeil ». 

Trois jours après sa mort, le bureau du médecin légiste du comté de Fulton a indiqué que Hank Aaron était mort de causes naturelles. Par ailleurs, Fox 5 Atlanta a rapporté que les responsables du bureau du médecin légiste ne pensaient pas que le vaccin contre le COVID-19 ait eu le moindre effet indésirable sur la santé de l’ex-joueur de baseball, ni qu’il ait contribué à sa mort. 




MYTHE : Tiffany Dover, une infirmière de l’Etat du Tennessee, aux Etats-Unis, est morte après avoir été vaccinée contre le COVID-19 en direct à la télévision.

LES FAITS :

Tiffany Dover, une infirmière à l’hôpital Catholic Health Initiatives (CHI) Memorial Hospital de Chattanooga, dans le Tennessee, a été vaccinée contre le COVID-19 en direct sur WRCB-TV le 17 décembre 2020. Pendant une interview réalisée avec la chaîne après avoir été vaccinée, elle s’est évanouie. Elle a par la suite expliqué s’évanouir fréquemment. “Je fais des réactions vagales très fortes, et tout me fait mal (…) si je me cogne le talon, je peux tomber dans les pommes”, a-t-elle dit.

L’Hôpital CHI a publié, le 21 décembre 2020, une vidéo montrant Tiffany Dover avec d’autres membres du personnels de l’hôpital, et il a confirmé qu’elle était bien en vie dans des déclarations transmises à WRCB, à l’Associated Press, et à Reuters

De nombreux proches de Tiffany Dover ont par ailleurs confirmé sur les réseaux sociaux qu’elle était bien en vie, après avoir reçu des messages de la part de militants anti-vaccins, comme l’a rapporté le Daily Beast dans un article de janvier 2021. “La police n’est pas impliquée dans cette affaire car il n’y a aucun crime, aucun décès, rien du tout”, a déclaré au Daily Beast Elisa Myzal, porte-parole de la police de Chattanooga. 




MYTHE : Les vaccins contre le COVID-19 ne sont pas halal ni casher car ils contiennent des produits issus du porc. 

LES FAITS :

La nourriture halal désigne celle qui respecte les lois islamiques sur la manière dont les animaux sont élevés, abattus, et préparés. De la même façon, les produits casher désignent les aliments qui respectent les réglementations alimentaires juives. Ces deux religions interdisent la consommation du porc et des produits issus du porc. 

Certains vaccins autorisés aux Etats-Unis contiennent de la gélatine de porc, notamment ceux contre la rougeole, les oreillons, et la rubéole. La gélatine sert à « protéger les virus du vaccin contre des conditions défavorables comme la lyophilisation ou la chaleur, surtout lors du transport et de la livraison”, comme l’explique l’Hôpital des enfants de Philadelphie

Toutefois, les quatre vaccins contre le COVID-19 qui ont été autorisés pour une utilisation d’urgence aux Etats-Unis et en Europe – ceux produits par Pfizer, Moderna, AstraZeneca, et Johnson & Johnson — ne contiennent pas de produits issus du porc, selon un article publié en février 2021 dans le Brussels Times. 


En réalité, les autorités juives et islamiques, parmi lesquelles l’Association islamique médicale britannique, l’Assemblée des juristes musulmans d’Amérique, le Conseil rabbinique d’Amérique, et le Conseil des délégués des Juifs britanniques, ont tous encouragé leurs communautés à se faire vacciner contre le COVID-19. 




MYTHE : Les essais pour les vaccins contre le COVID-19 n’étaient pas faits pour montrer l’efficacité des vaccins dans la prévention de cas graves de la maladie.  

LES FAITS :

En octobre 2020, la FDA, l’agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux, a annoncé que les demandes d’autorisation en urgence de vaccins contre le COVID-19 devaient inclure des données sur “des cas graves de la maladie COVID-19 parmi les sujets de l’étude” dans toutes les phases des essais cliniques. Cela contredit l’affirmation selon laquelle les vaccins n’ont été conçus que pour les cas légers. 

Par ailleurs, les résultats des essais cliniques pour chacun des trois vaccins contre le COVID-19 autorisés aux Etats-Unis —  produits par Pfizer/BioNTech, Moderna, et Johnson & Johnson — de même que pour le vaccin AstraZeneca, qui a été autorisé au Royaume-Uni et dans l’Union européenne, comprenaient des données montrant l’efficacité des vaccins dans la prévention des cas graves de COVID-19. 

L’affirmation selon laquelle les essais des vaccins contre le COVID-19 n’ont prouvé leur efficacité que contre les cas symptomatiques légers, et non pas contre les cas graves semble s’appuyer sur les critères d’évaluation principaux des essais, que l’Institut national américain du cancer définit comme “le résultat principal qui est mesuré à la fin d’une étude pour voir si un traitement donné a fonctionné”. Pour les essais cliniques des vaccins Pfizer/BioNTech et Moderna, le critère d’évaluation principal s’appuyait sur la prévention de cas où un participant montrait des symptômes légers de COVID-19, comme la fièvre, la toux et les frissons, puis était testé positif à la maladie. 

Toutefois, les essais ont aussi mesuré l’efficacité des vaccins sur ce qu’on appelle les critères d’évaluation secondaires, que la FDA définit comme les résultats dans les essais cliniques “sélectionnés pour démontrer les effets supplémentaires, après le succès du critère d’évaluation principal”. Ces critères d’évaluation secondaires comprennent les cas graves de COVID-19, dont la définition inclut l’insuffisance respiratoire, l’admission en unité de soins intensifs, ou la mort. 

Lors d’une réunion du comité consultatif de la FDA sur les vaccins en octobre 2020, des experts du comité ont déclaré que les inquiétudes relatives aux critères d’évaluation principaux des essais cliniques – selon lesquelles ceux-ci ne prouveraient l’efficacité des vaccins que contre les cas légers de COVID-19 – étaient sans fondement. “En vaccinologie, il n’existe simplement aucun exemple de vaccins qui sont efficaces contre des maladies légères, et ne sont pas efficaces contre des maladies graves”, a déclaré Phillip Krause, directeur adjoint du bureau de la FDA chargé de la recherche et des comptes rendus sur les vaccins.




MYTHE : La mort du boxeur américain Marvin Hagler est liée au vaccin contre le COVID-19. 

LES FAITS :

Cette allégation repose sur un post Instagram du boxeur Thomas Hearns, le 13 mars 2021, dans lequel il disait que Marvin Hagler était “dans une unité de soins intensifs, en train de lutter contre les effets secondaires du vaccin”. Marvin Hagler est mort plus tard ce jour-là, et des sites de mésinformation sur les vaccins se sont servis de la déclaration de Thomas Hearns pour lier la mort de Marvin Hagler à sa vaccination contre le COVID-19.

Il n’y a aucune preuve que Marvin Hagler, qui avait 66 ans au moment de sa mort, soit mort à la suite d’un effet secondaire du vaccin contre le COVID-19. Une déclaration sur le site officiel du boxeur indique qu’il est “mort le 13 mars de causes naturelles”, et sa femme Kay a écrit dans un post sur sa page Facebook officielle à destination des fans qu’il était “mort de manière inattendue dans sa maison dans le New Hampshire”. 

Kay Hagler a écrit dans un autre post sur la page fan Facebook de Marvin Hagler que “ce n’était certainement pas le vaccin qui avait entraîné sa mort”, notant : “J’étais la seule personne proche de lui jusqu’à la dernière minute, et je suis la seule personne qui sache comment les choses se sont passées… ce n’est pas le moment de raconter n’importe quoi”. Thomas Hearns a lui-même écrit sur Instagram par la suite : “Ce n’est pas une campagne anti-vaccins… c’est scandaleux de penser à ça à l’occasion de la mort d’un Roi, d’une Légende, d’un Père, d’un Mari, et de bien plus encore”. 

Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies aux Etats-Unis (CDC), indiquent sur leur site que les vaccins contre le COVID-19 approuvés pour une utilisation aux Etats-Unis sont “sûrs et efficaces”. “Des millions de personnes aux Etats-Unis ont été vaccinés contre le COVID-19 dans un contexte de contrôle de sûreté le plus intense de l’Histoire des Etats-Unis”. Les CDC ajoutent qu’à ce jour, leur système de déclaration des événements indésirables des vaccins (Vaccine adverse event reporting system, VAERS) “n’a pas détecté de modèles dans les causes des décès qui indiqueraient un problème de sûreté avec les vaccins contre le COVID-19”. 




MYTHE : Les scientifiques du Memorial Sloan-Kettering Cancer Center ont découvert que l’ARNm rend inactives les protéines qui détruisent les tumeurs, ce qui signifie que les vaccins à ARNm utilisés contre le COVID-19 peuvent provoquer le cancer. 

LES FAITS :

Cette fausse allégation a d’abord été promue par NaturalNews.com, un réseau de sites de mésinformation sur la santé qui publie fréquemment de faux contenus, selon une analyse de NewsGuard. L’article de mars 2021 publié sur NaturalNews.com s’appuyait sur une étude du Memorial Sloan-Kettering Cancer Center publiée en août 2018 dans le journal Nature. Bien que cette étude ait en effet trouvé que des changements dans l’ARNm puissent désactiver les protéines qui détruisent les tumeurs, elle n’était pas liée aux vaccins à ARNm, comme ceux utilisés contre le COVID-19. 

“Cet article qui circule est complètement faux, déforme les résultats de notre étude et tire des conclusions incorrectes sur les risques des vaccins », a déclaré Jeanne D’Agostino, porte-parole du Memorial Sloan Kettering, à l’Agence France-Presse en mars 2021.

En réalité, plusieurs mois avant la publication de l’article de NaturalNews.com, le centre sur le cancer avait mis à jour son communiqué de presse d’août 2018 sur cette étude, pour clarifier le fait que cette étude ne s’appliquait pas aux vaccins à ARNm. Le texte mis à jour disait : “Il est important de noter que les ARNms sont un composant normal de toutes les cellules, et que ceux discutés ici en particulier ne sont pas impliqués dans les vaccins à base d’ARNm, comme celui développé contre le SARS-CoV-2”, le virus responsable du COVID-19.  

D’après un article de mars 2021 sur le site du Memorial Sloan-Kettering Cancer Center, “il est important de savoir qu’aucun des vaccins contre le COVID-19 n’interagit ou ne modifie l’ADN de quelque façon que ce soit. Ils ne peuvent pas donner le cancer”. 




MYTHE : Il a été prouvé que les vaccins contre le COVID-19 augmentaient le risque de fausse couche.

LES FAITS :

Un porte-parole des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies aux Etats-Unis (CDC), a déclaré à l’Agence France-Presse en février 2021: “A ce jour, il n’existe aucune preuve d’un risque accru de fausse couche après la vaccination contre le Covid-19, et aucune tendance préoccupante n’a été observée”. Un document de février 2021 de la Société Britannique sur la Fertilité et de l’Association britannique des Scientifiques cliniques de la reproduction indiquait que les vaccins contre le COVID-19 “n’affecteront pas votre risque de fausse couche”. 

Des sources affirmant qu’il existe un lien entre les fausses couches et les vaccins contre le COVID-19 ont souvent cité des données du Système de notification des effets indésirables liés aux vaccins des CDC (VAERS) et du programme Yellow Card de l’Agence britannique de réglementation des médicaments et des produits de santé (MHRA). Ces deux systèmes rassemblent des déclarations non vérifiées de possibles effets secondaires des vaccins qui peuvent être soumis par n’importe qui, et qui ne prouvent pas que le vaccin a causé la réaction indiquée. 

Un porte-parole de MHRA a dit à Reuters en mars 2021 : “Il n’y a aucun modèle qui suggère un risque élevé de fausse couche lié à l’exposition au vaccin contre le COVID-19 dans les grossesses… Malheureusement, les fausses couches arrivent dans 1 grossesse sur 4 (c’est-à-dire dans 25% des cas) au Royaume-Uni (hors pandémie) et la plupart ont lieu lors des 12 premières semaines (premier trimestre) de la grossesse, donc des fausses couches sont à attendre à la suite de la vaccination, de manière complètement fortuite”.  




MYTHE : Les vaccins augmentent le nombre de nouveaux variants du virus responsable du COVID-19, et rendent les personnes vaccinées plus susceptibles de contaminer d’autres personnes avec de nouvelles super souches. 

LES FAITS :

Aucun des vaccins contre le COVID-19 autorisés pour une utilisation d’urgence aux Etats-Unis et en Europe ne contiennent de virus vivants, ils ne peuvent donc pas créer un variant, ni faire que les personnes vaccinées en contaminent d’autres. 

Martin Hibberd, professeur de maladies infectieuses émergentes à la London School of Hygiene & Tropical Medicine, a déclaré à NewsGuard par email en mars 2021 que les vaccins autorisés “ne sont pas des virus complets, et ne peuvent donc pas répliquer un nouveau variant qui pourrait infecter d’autres personnes. Certains types de vaccins utilisent des virus entiers atténués, et ceux-ci peuvent générer des variants qui pourraient, en théorie, être transmis à d’autres, mais les vaccins contre le COVID-19 ne sont pas de ce type, et ne peuvent pas faire ça”.  

Martin Hibberd a aussi expliqué que les variants qui montrent une certaine résistance à l’immunité acquise grâce au vaccin pourraient se répandre plus facilement, mais cela ne signifie pas que le vaccin a créé ces variants. A ce stade, il n’existe aucune preuve que des “souches résistantes aient émergé en raison des vaccins”, selon Martin Hibberd. 

Le professeur Luke O’Neill, immunologiste au Trinity College de l’université de Dublin, a déclaré à Euronews en avril 2021 : “les vaccins font ressortir le système immunitaire humain pour tuer le virus, cela arrête sa réplication, et par conséquent, les chances de voir des variants émerger diminuent”. 


Correction : Une version précédente de ce rapport indiquait par erreur qu’il y avait eu deux cas graves de COVID-19 observés parmi les 36.000 personnes ayant été vaccinées contre le COVID-19 avec le vaccin Moderna ou Pfizer/BioNTech. Un seul cas grave a été rapporté parmi les personnes ayant été vaccinées dans les deux essais cliniques, dont les résultats ont été publiés en décembre 2020. Ce cas grave provenait de l’essai Pfizer/BioNTech trial. NewsGuard regrette cette erreur.

Note de l’Éditeur : Ce rapport a été mis à jour le 2 février 2021 pour y inclure de nouvelles informations sur l’efficacité des vaccins contre les variants du virus responsable du COVID-19.