Note de la rédaction : Nous avons modifié le titre et le texte de ce rapport, qui compare l’usurpation de marques de médias par des acteurs russes au cours des six premiers mois de 2026 avec la même activité au cours des six premiers mois de 2025. En effet, dTeam, un groupe de recherche bénévole basé aux États-Unis qui suit les campagnes d’influence russes, nous a signalé que nous n’avions peut-être pas identifié l’ensemble des faux contenus de 2025. De fait, nos efforts pour repérer ce type d’activité en 2025 n’ont pas été aussi rigoureux qu’en 2026. Notre titre initial, ainsi que l’affirmation selon laquelle le nombre de marques usurpées par les réseaux de désinformation russes avait augmenté de 850 % en 2026, ont donc pu surestimer la hausse de cette activité.
Par Alice Lee et Madeline Roache | Publié le 28 septembre 2026. Mis à jour le 6 octobre 2026.
Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, les opérations d’influence russes ont produit 906 faux reportages d’actualité imitant 163 médias établis et prétendant que ces médias les avaient publiés. Ces campagnes russes cherchent à saper le soutien occidental à l’Ukraine en rendant leurs infox le plus crédibles possible, en profitant de la confiance accordée à des sources d’information légitimes, selon une analyse de NewsGuard.
Bien que la Russie ait recours à cette tactique depuis le tout début de l’invasion, celle-ci s’est considérablement intensifiée au cours de l’année écoulée, signe que les autorités russes la jugent efficace.
Parmi les marques médiatiques visées figurent des grands noms tels que la BBC, Politico, Bloomberg News et Euronews, et des plus petits médias comme le site d’information ukrainien The Kyiv Independent, le journal régional britannique The Yorkshire Post et le quotidien régional français La Montagne. Dans chaque cas, les campagnes russes détournent les logos et les chartes graphiques des marques, allant parfois jusqu’à créer un nouveau site avec une URL proche de l’originale, floutant ainsi davantage la frontière entre le faux et le vrai. Les articles comportent aussi souvent des citations inventées de toutes pièces, attribuées à de véritables experts.
Les récits faux diffusés sont d’une grande diversité : ils vont d’accusations selon lesquelles le président ukrainien Volodymyr Zelensky aurait détourné l’aide occidentale et souffrirait d’une dépendance à la cocaïne, à des accusations de pédophilie visant le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz. La France et l’Allemagne comptent parmi les soutiens les plus fermes de l’Ukraine en Europe et, après l’Ukraine elle-même, sont les deux pays les plus souvent ciblés par les campagnes russes.
La liste complète des médias imités, avec le nombre de faux articles attribués à chacun, est disponible sur le Centre de suivi des médias imités de NewsGuard. Ce total ne se limite pas aux infox repérées par NewsGuard : il comprend aussi de faux reportages signalés par le Centre ukrainien de lutte contre la désinformation; Viginum, l’agence gouvernementale française chargée de la protection contre les opérations d’ingérence étrangère; et le collectif de chercheurs anonymes Antibot4Navalny.