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Centre de suivi de la mésinformation sur la guerre Israël-Hamas: déjà 92 mythes sur le conflit

De vidéos trafiquées à des mémos de la Maison Blanche falsifiés, NewsGuard suit et couvre les affirmations fausses, trompeuses ou sans fondement en lien avec le conflit.

Par Natalie AdamsSara BadiliniJack BrewsterHilary HershSam HowardNatalie HuetChine LabbeEva MaitlandCoalter PalmerValerie PavilonisVirginia PadoveseMadeline RoacheMcKenzie SadeghiBecca SchimmelRoberta SchmidNikita VashisthChiara Vercellone et Macrina Wang | Dernière mise à jour le 9 février 2024

 

Dans les heures qui ont suivi l’attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, un déluge de fausses informations en lien avec le conflit s’est déversé sur les réseaux sociaux et les sites d’information, atteignant des millions de personnes. 

À ce jour, l’équipe d’analystes de NewsGuard a identifié 92 mythes circulant sur les réseaux sociaux, et a identifié 324 sites relayant ces infox. 

Suivi des 324 sites internet qui diffusent des infox sur la guerre Israël-Hamas

  • Sites anglophones : 181
  • Sites francophones : 18
  • Sites en allemand : 8
  • Sites en italien : 16
  • Autre : 101

NewsGuard a constaté que des comptes sur les réseaux sociaux des deux côtés du conflit ont diffusé des images manipulées ou générées par IA en les présentant comme réelles, et sorti des vidéos et des photos de leur contexte. En octobre, une analyse de NewsGuard a montré que 74% des infox les plus virales sur la guerre sur X (anciennement Twitter) avaient été publiés par des comptes “vérifiés”, portant une coche bleue.

Des acteurs malveillants – y compris des gouvernements autoritaires – ont aussi capitalisé sur la guerre pour relayer de la désinformation pouvant avoir un impact sur d’autres conflits. Dans l’une des infox les plus répandues sur la guerre, des médias d’État russes, rejoints par des commentateurs d’extrême droite américains, affirment à tort que l’Ukraine a vendu au Hamas des armes qui lui avaient été données par l’Occident. Cette campagne sur les réseaux sociaux semble avoir pour objectif de saper le soutien international à l’Ukraine.

Ces fausses affirmations sont incluses dans le catalogue des “Empreintes de la Mésinformation” de NewsGuard, qui comprend les faux récits, leur “debunk”, et couvre toutes les infox les plus significatives circulant en ligne. Cette base de données est à la fois lisible par les humains et par les machines, et disponible pour l’achat de licences d’accès. 

Les chercheurs, les plateformes, les annonceurs, les modèles d’IA générative, les agences gouvernementales ou d’autres institutions souhaitant accéder à la liste complète des mythes liés à la guerre ou à notre base de données dans son ensemble peuvent nous contacter ici.

Dans ce Centre de suivi, NewsGuard renseignera aussi d’autres aspects de sa couverture de la guerre, notamment la manière dont les affirmations fausses ou trompeuses se répandent sur les réseaux sociaux et sur internet. 

Par Jack Brewster

Vous trouverez ci-dessous des extraits d’une sélection de faux récits issus de notre travail de suivi, et leurs décryptages :

MYTHE : Il est prouvé qu’Israël est responsable de l’explosion de l’hôpital de Gaza en octobre 2023

LES FAITS : Bien qu’à la mi-novembre 2023, il n’y avait aucune preuve déterminante permettant d’établir avec certitude la responsabilité de l’explosion du 17 octobre 2023 à l’hôpital Al-Ahli de Gaza, des preuves de plus en plus nombreuses — notamment des rapports de la communauté du renseignement américain et d’experts indépendants, ainsi que des enquêtes visuelles menées par de nombreux médias — contredisent les affirmations tranchées imputant à Israël la responsabilité de l’explosion.

L’explosion de l’hôpital est rapidement devenue un sujet d’opposition majeur entre les partisans d’Israël et les Palestiniens, chaque camp en rejetant la responsabilité sur l’autre. Peu après l’explosion, des manifestations anti-israéliennes ont éclaté à travers le Moyen-Orient, notamment au Liban, en Irak, en Jordanie, au Koweït, en Égypte et en Tunisie.

Cependant, dans une déclaration du 18 octobre 2023, la porte-parole du Conseil de sécurité nationale des États-Unis, Adrienne Watson, a indiqué qu’une évaluation du gouvernement américain “basée sur l’analyse d’images aériennes, d’interceptions et d’informations de sources ouvertes” a conclu qu’“Israël n’est pas responsable de l’explosion à l’hôpital de Gaza”. Le 24 octobre 2023, des responsables du renseignement américain, citant des images vidéo et des techniques de géolocalisation, ont déclaré qu’ils estimaient avec un “haut degré de certitude” qu’Israël n’était pas responsable de l’explosion.

Les chefs démocrates et républicains des commissions du renseignement de la Chambre des représentants et du Sénat aux États-Unis ont publié des déclarations indiquant qu’ils avaient examiné l’évaluation de la situation faite par les services de renseignement américains, et qu’ils étaient “convaincus” que l’explosion n’était pas le résultat d’une opération militaire israélienne.

Le Canada, la France et le Royaume-Uni sont parvenus à la même conclusion. Par exemple, le ministre canadien de la Défense nationale, Bill Blair, a déclaré dans un communiqué du 21 octobre 2023 : “L’analyse réalisée de manière indépendante par le Commandement du renseignement des Forces canadiennes indique, avec un haut degré de certitude, qu’Israël n’a pas attaqué l’hôpital le 17 octobre 2023. Le scénario le plus vraisemblable est que la frappe venait d’une roquette errante tirée depuis Gaza”.

En outre, des enquêtes visuelles réalisées par le Wall Street Journal, CNN et  l’Associated Press ont toutes conclu qu’une roquette tirée depuis Gaza s’est désagrégée en plein vol et qu’une partie de la roquette a touché l’hôpital. “Une analyse vidéo réalisée par le Wall Street Journal à l’aide de caméras de sécurité et de flux en direct en Israël et à Gaza montre comment une roquette défaillante a provoqué l’explosion mortelle à l’hôpital arabe Al-Ahli”, a rapporté le Wall Street Journal le 21 octobre 2023.

De son côté, le Washington Post a indiqué que sa propre enquête visuelle, ainsi que l’analyse qu’en ont fait des experts, fournissaient “des preuves indirectes qui pourraient venir appuyer l’affirmation par Israël et le gouvernement américain qu’une roquette errante lancée par un groupe palestinien armé est responsable de l’explosion du 17 octobre”.

Des enquêtes de la BBC et du New York Times ont également relevé que le cratère créé par l’explosion à l’hôpital ne correspondait pas aux dégâts typiquement causés par des bombes israéliennes, qui pèsent généralement plus de 900 kg. “Les dégâts sont trop légers pour avoir été causés par une bombe de 900 kg”, a écrit Julian Barnes, un journaliste du New York Times spécialisé dans le renseignement, dans un article sur l’explosion.

Dans le même temps, le New York Times a soulevé des questions sur certaines des preuves avancées pour écarter la culpabilité d’Israël. Le Times a écrit dans un article du 24 octobre 2023 que des images d’Al Jazeera citées par des responsables américains et israéliens montrent en réalité un missile qui explose à environ trois kilomètres de l’hôpital, et qui ne pouvait donc pas être à l’origine de l’explosion.

“La conclusion du Times ne répond pas à la question de savoir ce qui a réellement causé l’explosion de l’hôpital arabe Al-Ahli, ni à celle de savoir qui en est responsable”, indique l’article du New York Times. “L’affirmation des services de renseignement israéliens et américains selon laquelle un tir raté de roquette côté palestinien serait à l’origine de l’explosion reste plausible. Mais l’analyse du Times jette un doute sur l’un des éléments de preuve les plus médiatisés que les responsables israéliens ont utilisé pour leur défense, et complique le récit simple qu’ils ont mis en avant”.

CNN, qui a publié le 2 novembre 2023 sa propre enquête sur les images d’Al Jazeera, a déclaré que le rapport du Times sur les images d’Al Jazeera n’invalidaient pas la conclusion de CNN, selon laquelle la source de l’explosion était probablement une roquette errante. “Bien que la nouvelle analyse ajoute à l’image mouvante de ce qui s’est passé, elle ne modifie pas les conclusions antérieures de CNN selon lesquelles l’explosion a probablement été causée par une roquette défectueuse, et non par une frappe aérienne israélienne”, a rapporté CNN.

Néanmoins, le Hamas et les gouvernements de plusieurs pays du Moyen-Orient, notamment l’Iran, ont accusé sans équivoque Israël d’être à l’origine de l’explosion de l’hôpital. Cependant, ils n’ont pas encore produit de preuves démontrant la culpabilité d’Israël.

Correction : Une version précédente de cette Empreinte de la Mésinformation exagérait les conclusions des enquêtes visuelles effectuées par Le Monde, Bellingcat et le Washington Post. Si ces enquêtes suggèrent que la responsabilité de l’explosion de l’hôpital n’est pas du côté d’Israël, elles n’ont pas établi de conclusion arrêtée quant à la responsabilité de celle-ci. Les références au Monde et à Bellingcat ont été retirées, et les conclusions du Washington Post ont été décrites avec davantage de détails. NewsGuard regrette cette erreur.

NewsGuard a rendu public cette Empreinte de la Mésinformation (Misinformation Fingerprint) le 13 novembre dans sa version anglophone. Vous pouvez lire le texte complet en français ici.  

Par Valerie Pavilonis

MYTHE : Une vidéo montre des Palestiniens simulant des blessures lors de la guerre entre Israël et le Hamas

LES FAITS : La séquence vidéo, qui montre une femme portant un hijab rose maquillant des personnes pour les faire paraître ensanglantées, n’a pas été filmée pendant la guerre entre Israël et le Hamas.

La séquence, qui a été publiée en 2017 par le groupe audiovisuel public turc TRT World, filme le travail effectué par une maquilleuse pour des films palestiniens. “Il n’y a pas beaucoup de productions cinématographiques dans la bande de Gaza”, indique la légende de la vidéo sur YouTube. “Mais cela n’a pas empêché la maquilleuse Mariam Salah de poursuivre son rêve. Elle a appris toute seule à fabriquer du faux sang pour les films palestiniens, pénétrant ainsi dans un secteur traditionnellement dirigé par des hommes”. La vidéo a été publiée le 2 mars 2017, soit plus de six ans avant le début de la guerre entre Israël et le Hamas, en octobre 2023.

Par Valerie Pavilonis

MYTHE : Le Hamas a fait passer une vidéo d’une poupée pour un enfant tué dans un raid israélien sur Gaza

LES FAITS :  En octobre 2023, le gouvernement israélien et des commentateurs pro-israéliens ont affirmé que le Hamas avait tenté de faire passer une poupée pour un enfant palestinien tué par une attaque de l’armée israélienne à Gaza. Cependant, rien ne suggère que le corps que l’on voit, dans la vidéo, porté hors d’un hôpital soit une poupée et non un véritable enfant décédé.

La première personne ayant posté cette vidéo, ainsi que la BBC, ont identifié l’enfant comme étant un Palestinien âgé de quatre ans, Omar Bilal Al-Banna, et ont affirmé qu’il avait été tué par une frappe de missiles israéliens. Le photographe de l’Agence France-Presse Mohammed Abed, qui se trouvait également sur les lieux, a déclaré à l’AFP qu’il s’agissait d’un enfant palestinien tué par des frappes aériennes israéliennes.

La vidéo a été publiée pour la première fois par le photographe palestinien Momen El Halabi sur Instagram, comme a pu le constater NewsGuard en effectuant une recherche d’image inversée. Momen El Halabi a déclaré au média indien India Today que l’enfant vivait dans le quartier d’Al-Zaytoun, à l’est de Gaza. Momen El Halabi a déclaré à India Today qu’Omar Bilal Al-Banna et son frère Majid, qui, selon Momen El Halabi, a également été blessé, ont été amenés à l’hôpital Al-Shifa à Gaza le 12 octobre 2023.

India Today a publié ce qui est décrit comme des preuves fournies par Momen El-Halabi pour vérifier l’identité d’Omar Bilal Al-Banna, notamment une photo en gros plan censée montrer Omar Bilal Al-Banna mort à l’hôpital, et une photo le montrant prétendument lorsqu’il était plus jeune. NewsGuard a constaté que les photos d’Omar Bilal Al-Banna ressemblaient fortement au corps dans la vidéo largement partagée.

Marianna Spring, journaliste pour la BBC, a également vérifié l’identité d’Omar Bilal Al-Banna, et a indiqué avoir vu des images de son frère, Majid, disant qu’Omar a été tué quand ils jouaient dehors. Selon Majid, un raid aérien a touché la maison de leurs voisins, et des débris sont tombés sur Omar. Marianna Spring a interviewé la mère des deux garçons, Yasmeen, qui a déclaré sur les mensonges au sujet de la mort “d’enfants et d’innocents étaient faux. Ils n’ont pas le droit de dire qu’il est une poupée”.

Par ailleurs, Mohammed Abed, photographe de l’AFP basé à Gaza, a photographié l’enfant à l’extérieur de l’hôpital Al-Shifa ce jour-là, selon le quotidien Libération et d’autres organismes de fact-checking. NewsGuard a pu confirmer que le cadavre figurant sur les photos de Mohammed Abed, qui ont été publiées sur Getty Images, correspondait à celui de la vidéo. Par exemple, les photos montrent une blessure au même niveau du front, et l’enfant sur la photo est tenu par le même homme barbu portant un polo gris avec un emblème rouge.

La légende de l’une des photos de Mohammed Abed indique qu’elle a été prise à l’extérieur de la morgue de l’hôpital Al-Shifa, dans la ville de Gaza, le 12 octobre, et que l’enfant, ainsi que d’autres cadavres photographiés, ont été “victimes de frappes aériennes israéliennes”. Mohammed Abed a également déclaré à l’AFP : “Le visage de l’enfant est livide. C’est le corps d’un vrai enfant, tué après un bombardement aérien, sûrement pas d’une poupée”.

Les caractéristiques qui pourraient donner à l’enfant l’apparence d’une poupée peuvent s’expliquer par des rites funéraires musulmans. Moussa Abou Ramadan, professeur de droit musulman et d’islamologie à l’Université de Strasbourg, a déclaré à l’AFP que “chez les musulmans, on lave (le cadavre), on le couvre avec le linceul, on met du coton dans le nez, dans les oreilles. En Palestine, on fait comme ça”.

Par Macrina Wang

MYTHE : L’Ukraine a vendu au Hamas des armes qui lui ont été données par l’Occident

LES FAITS : Les allégations selon lesquelles des armes occidentales fournies à l’Ukraine pour combattre la Russie ont été utilisées par le Hamas lors de son attaque d’envergure sur Israël en octobre 2023 sont sans fondement. Une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux après l’invasion du mouvement islamiste prétendait montrer le Hamas remerciant l’Ukraine de lui avoir envoyé des armes occidentales. La vidéo montre une demi-douzaine d’armes à feu et de grenades jonchant le sol, avec une voix disant en arabe : “Nous remercions les autorités ukrainiennes de nous avoir envoyé ces armes. Nous utiliserons ces armes contre vous, ennemis”.

Cependant, rien n’indique que les armes montrées dans la vidéo proviennent d’Ukraine. En outre, rien ne suggère que l’Ukraine ait envoyé des armes occidentales au Hamas, ni que des armes aient quitté illégalement l’Ukraine, selon des experts en commerce d’armes.

“Nous n’avons vu aucune preuve convaincante de trafic international d’armes exportées vers l’Ukraine depuis février 2022”, a déclaré à NewsGuard Matt Schroeder, chercheur principal au Small Arms Survey, un projet de recherche de l’Institut universitaire de hautes études internationales et du développement à Genève, en Suisse, par email le 10 octobre 2023.

En outre, en février 2023, Robert Storch, l’inspecteur général du ministère américain de la Défense, a déclaré au Congrès que ses services n’avaient pas trouvé de preuves d’un quelconque détournement des armes occidentales fournies à l’Ukraine.

Le Centre militaire ukrainien des médias, coordonné par le ministère de la Défense du pays, a nié que l’Ukraine ait pu vendre des armes au Hamas, “parce que nos partenaires occidentaux surveillent de près les armes et l’équipement militaire qu’ils nous fournissent pour lutter contre l’agresseur russe”.

Sur les réseaux sociaux, des comptes pro-Kremlin ont également diffusé une fausse vidéo de la BBC, affirmant que le média d’investigation Bellingcat avait révélé que l’Ukraine avait passé des armes en contrebande au Hamas. La BBC et Bellingcat ont démenti être les auteurs de cette vidéo et de ces affirmations. “La vidéo est fausse à 100%. Ni BBC News ni Bellingcat n’ont rapporté cela”, a déclaré Shayan Sardarizadeh, journaliste à la BBC, dans un message publié le 11 octobre 2023 sur X (anciennement Twitter).

Frank Slijper, chercheur sur le commerce des armes à la PAX, une organisation basée aux Pays-Bas qui œuvre pour la protection des civils contre la violence armée, a déclaré dans un email à NewsGuard le 10 octobre 2023 que de telles affirmations visaient à “diviser les sociétés qui soutiennent l’Ukraine (et au-delà)”.

Par Madeline Roache

MYTHE : Israël a mis en scène des images montrant la mort d’un enfant tué par une frappe du Hamas

LES FAITS : En octobre 2023, une vidéo montrant une équipe de tournage réunie autour d’un enfant à terre a circulé sur TikTok et X (anciennement Twitter). L’enfant semblait faire le mort, une flaque de sang sous la tête et les membres écartés. De nombreux commentateurs ont affirmé que ces images étaient la preuve qu’Israël mettait en scène la mort d’enfants pour en accuser le Hamas, l’organisation militante qui a lancé une attaque d’envergure contre Israël le 7 octobre 2023, déclenchant une déclaration de guerre de la part d’Israël.

En réalité, la vidéo a été postée sur TikTok le 21 avril 2022, plus d’un an avant l’attaque du Hamas, et elle montre les coulisses du tournage d’un court-métrage palestinien intitulé “Empty Place”, selon une vérification effectuée par Reuters le 27 avril 2022. Le réalisateur du film, Awni Eshtaiwe, a confirmé à Reuters que les images provenaient de son film. “Dans les coulisses du tournage de la scène où les ennemis des colons attaquent l’enfant Ahmed Manasra”, indique la légende de la vidéo TikTok, telle qu’elle a été traduite de l’arabe.

Le film est présenté comme une reconstitution d’événements qui ont secoué Israël en 2015 et dont les effets se font encore sentir. Il se concentre sur l’histoire d’Ahmed Manasra, un Palestinien qui, en 2015, à l’âge de 13 ans, a accompagné son cousin à Jérusalem-Est, où le cousin aurait alors poignardé un homme israélien et blessé un garçon israélien. Selon la presse à l’époque, le cousin a été tué par la police, tandis qu’Ahmed Manasra a été renversé par une voiture et battu. Ahmed Manasra a par la suite été condamné à 12 ans de prison.

En résumé, si les images sont apparemment inspirées d’événements réels, elles ne montrent pas la mise en scène du meurtre d’un enfant israélien.

Par Valerie Pavilonis

MYTHE : Une photo montre les forces de défense israéliennes portant un drapeau orné de croix gammées nazies 

LES FAITS : Contrairement à ce qu’affirment des utilisateurs pro-russes sur les réseaux sociaux, les Forces de défense israéliennes (FDI) n’ont pas été photographiées tenant un drapeau orné de plusieurs croix gammées nazies en octobre 2023.

La photo a été altérée numériquement, comme le montre une recherche d’image inversée effectuée par NewsGuard à l’aide de Google Images. NewsGuard a constaté que la photo originale, publiée dans les médias israéliens en juin 2023, montrait en réalité les forces de défense israéliennes portant le drapeau jaune et vert de la brigade Golani — la division israélienne à laquelle appartenaient les soldats — ainsi que le drapeau israélien.

La photo a été prise le 5 juin 2023, lorsque 12 soldats de la brigade Golani, l’une des unités d’élite de l’armée israélienne, ont participé pour la première fois à un exercice militaire international au Maroc, selon des articles de presse au sujet de l’exercice parus dans le Jerusalem Post et le Times of Israel. L’exercice, dirigé par les États-Unis et surnommé African Lion, s’est déroulé en mai et juin 2023 et comprenait les forces de 12 nations, selon le site web de l’armée américaine.

By Chiara Vercellone

MYTHE : Un mémo de la Maison Blanche montre que les États-Unis ont débloqué 8 milliards de dollars d’aide militaire à Israël

LES FAITS : Le mémo est un faux. Le document, qui a été formaté pour ressembler à d’autres mémos réellement publiés sur le site de la Maison Blanche, est une version modifiée soit d’un mémo de la Maison Blanche daté du 27 juin 2023, soit d’un mémo daté du 25 juillet 2023, annonçant pour l’un une aide à l’Ukraine pouvant atteindre 400 millions de dollars, et pour l’autre 500 millions de dollars, selon NBC et une analyse de ces deux mémos réalisée par NewsGuard.

Le faux mémo, censé provenir du président américain Joe Biden et prétendument daté du 7 octobre 2023, indique que le président Joe Biden a autorisé le secrétaire d’État américain Anthony Blinken “à ordonner le retrait d’un montant pouvant atteindre 8 milliards de dollars en articles de défense et en services du ministère de la Défense, ainsi qu’en éducation et formation militaires, afin de fournir une assistance à Israël et de prendre les décisions requises en vertu de cette section pour ordonner un tel retrait”.

Des fonctionnaires de la Maison Blanche ont confirmé à l’Associated Press que ce mémo était un faux.

Les États-Unis fournissent généralement à Israël une aide militaire annuelle de plus de 3 milliards de dollars, et l’administration Biden a annoncé le 8 octobre qu’elle prévoyait d’envoyer de nouvelles cargaisons d’armes à Israël. Cependant, rien n’indique que l’administration Biden ait autorisé une aide militaire supplémentaire de 8 milliards de dollars à ce pays.

Par Coalter Palmer

 

MYTHE : L’administration Biden a donné à l’Iran 6 milliards de dollars de l’argent des contribuables américains 

LES FAITS : En réalité, les 6 milliards de dollars mis à la disposition de l’Iran ne proviennent aucunement des contribuables américains. Le 11 septembre 2023, l’administration Biden a informé le Congrès américain que, dans le cadre d’un échange de prisonniers avec l’Iran, les États-Unis débloqueraient 6 milliards de dollars de bénéfices pétroliers iraniens qui étaient frappés par des sanctions et gelés en Corée du Sud. L’argent serait transféré sur un compte contrôlé par la banque centrale du Qatar, qui s’assurerait que l’Iran utilise ces fonds à des fins humanitaires.

Le site de vérification des faits VerifyThis.com a passé au crible la même affirmation le 9 octobre 2023. “L’Iran a récemment eu accès à environ 6 milliards de dollars, mais l’argent ne provient pas du gouvernement des États-Unis”, a écrit le site. “Il s’agit d’un paiement de la Corée du Sud à l’Iran pour du pétrole et du gaz, que les sanctions américaines ont effectivement gelé au milieu de la transaction. En septembre, les États-Unis ont accepté de le débloquer dans le cadre des négociations sur la libération des prisonniers”.

Par Valerie Pavilonis

MYTHE : Une vidéo montre des hauts fonctionnaires israéliens capturés par le Hamas en octobre 2023

LES FAITS : Une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux ne montre pas de hauts fonctionnaires israéliens capturés par le mouvement islamiste Hamas, contrairement à ce qu’affirment des utilisateurs de ces réseaux ainsi que des médias d’État iraniens. En réalité, la séquence n’a rien à voir avec la guerre entre Israël et le Hamas, et montre les services de sécurité de l’État azerbaïdjanais détenant des chefs séparatistes, d’après une recherche d’images inversée effectuée par NewsGuard et d’autres chercheurs.

Les services de sécurité azerbaïdjanais ont diffusé pour la première fois ces images sur leur chaîne YouTube le 5 octobre 2023, deux jours avant que le Hamas attaque Israël, dans une vidéo intitulée “Des personnes organisant les activités de groupes armés illégaux dans le Karabakh ont été arrêtées”. Le 5 octobre 2023, une déclaration du service de sécurité de l’État azerbaïdjanais concernant les arrestations accusait les membres du groupe séparatiste du Haut-Karabakh de commettre des actes de terrorisme et de fournir aux “groupes armés illégaux” des armes et d’autres équipements militaires.

En outre, dans la vidéo, les hommes en habit militaire arborent un logo DTX sur leur uniforme, qui, selon le site officiel du gouvernement de la République d’Azerbaïdjan, est un symbole du service de sécurité de l’Azerbaïdjan.

Par Becca Schimmel

Ci-dessous, vous trouverez une sélection des rapports de NewsGuard liés au conflit Israël-Hamas :